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Poèmes inutiles et diatribes tout pareil

Bernard Tessier

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dans Au fil des jours, Textes

Le puit Santonin

J’ai retrouvé ce matin une aquarelle de mon vieux pote, Bernard Tessier, peintre, aquarelliste et ex-rider. Il me l’avait donnée comme échantillon pour les cadres et les caisses américaines que je lui ai ensuite fabriqués pendant plusieurs années. C’est une aquarelle représentant la  Pecheria de Venise, avec mer, pieux et gondoles… Il l’avait jetée sur un papier à entête de l’hôtel où il résidait alors. (Je la mettrai en ligne bientôt,  je suis en train de la ré-encadrer). Quel bonheur d’avoir un souvenir de toi! Ça fait plus d’un an maintenant qu’il s’est fait la malle. J’avais écrit :

Mon ami très cher a cassé sa pipe. Et comme à son habitude : vite fait bien fait!

Je ne verrai plus ta grande carcasse et ta gueule patibulaire se ramener dans mon atelier et râler : « Bon tu me fais un café pendant que je vais pisser ». Toi qui survivait toujours à tout et t’amusait avec ton pote dentiste à t’arracher les dents sans anesthésie tu n’as pas supporté cette saloperie de crabe. T’es quand-même gonflé de nous laisser là en carafe! Nous il faut qu’on continue à vivre et à trimer. Mais sans toi ce n’est pas pareil. Et tout le bois que j’avais rentré pour faire tes cadres et tes caisses américaines? J’en fais quoi maintenant? Et qui va me raconter des vannes graveleuses entre deux théories fumantes sur l’avenir de l’art? Je n’entendrai plus ta voix au téléphone répondant invariablement « oui Jean-Yves… » Et bien souvent d’ailleurs tu te gourais de prénom à force de me confondre avec un autre Jean-Chose! Faut dire que tu ne faisais pas beaucoup d’efforts… Mais on t’aimais comme-ça.

Tu vois je ne peux plus faire de cadres maintenant. Chaque fois que je dois en fabriquer  je te vois derrière moi et me dit : « celui-là il ne viendra pas le chercher… » Quand je peints mal je pense à toi : « Bernard va encore gueuler… » Je ne supporte plus de voir ces bouts de bois sur lesquels j’écrivais tes commandes et qui traînent encore ça et là. Je voudrais que tu sortes de ma tête puisque tu es sorti de ma vie. Mais ça ne vient pas et tu me manques. Ce sera bientôt le printemps et je ne te verrai pas arriver dans ton 4X4 no-name? T’es bien sûr que tu ne pouvais pas faire autrement? Tu pourrais revenir juste un petit moment histoire de déconner un peu et qu’on se dise au revoir. Non? Comme dit le Dr House (poète boiteux comme toi!) : « Franchement la mort c’est moche! C’est de la merde… »

Si vous le cherchez sur internet, vous ne trouverez presque rien! C’est dommage. Ce billet est donc une  invitation à ses connaissances et amis à se manifester, lui rendre hommage, voire présenter une ou deux de ses Å“uvres.

La fille de l’Empereur

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dans Au fil des jours, Textes

A l’atelier était une jeune stagiaire, une jolie japonaise un peu timide et qui ne parlait presque pas français. Intuitive, elle comprenait tout. Pour poncer, apprêter, peindre, finir les meubles… elle trouvait d’elle-même, un peu par imitation, ce qu’il fallait faire.

Le midi, Sadako, après quelques excuses, ouvrait sa boîte à bento et engloutissait en quelques minutes un contenu toujours agrémenté de riz. Puis elle s’échappait pour aller traîner dans le bois d’en face, les mains dans les poches, les yeux dans les nuages. Elle était joyeuse, autant qu’une japonaise puisse le montrer, et aussi discrète qu’une plume au vent.

Nos discussions étaient comiques : onomatopées, gestes, cris, clins d’Å“il… Un jour, je lui demandai :

- L’empereur, tu aimes ton empereur?

- Nous les jeunes, on s’en fout de l’Empereur… Il n’est plus qu’une image, dit-elle en baissant la tête.

Puis son visage se ferme. Silence… long silence. Sadako est triste. Et moi suspendu.

Elle me regarde. Dans ses yeux noirs il manque quelqu’un. Elle me regarde encore…

Je dis :

- Et le mont Fuji, tu aimes le mont Fuji?

- Oh oui! Il est beau… et on le voit de partout.

La vie divine

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dans Tantra, Textes

(…) et finalement il découvre -ou seulement en a t-il l’intuition que chaque faiblesse est en réalité un petit aspect d’une grande qualité. Une qualité qui serait en quelque sorte cachée ou bien étouffée. De toute façon c’est réellement ainsi. Car chaque chose chaque phénomène dans cet univers comporte sa contrepartie sans laquelle aucune fluctuation aucun échange aucune mouvement et donc aucun changement ne serait possible. Or le changement c’est ce que nous observons partout en nous et autour de nous. Au-delà des apparences ou plutôt en amont est donc l’énergie elle-même de ces apparences qui en se manifestant en moi est appelée prâna. Et puisque le prâna circule partout et en tout il est aussi une énergie universelle au fonctionnement intangible. Alors mes qualités et faiblesses ne sont pas moi mais des polarisations temporaires et versatiles de cette même énergie. Cela me fait souffrir parfois ou me comble de joie d’autres fois. Cela semble me montrer comme-ci ou comme-ça. Mais ce n’est pas moi. « Moi » ce sont les barrages qu’un esprit un peu bizarre ou tordu ou perdu ou quoi encore(?) érige dans ce merveilleux continuum. Peut-être que cet esprit a commencé à faire un peu barrage parce qu’il a eu peur du merveilleux bonheur ou même de sa propre immensité ou encore de sa divinité? Ou peut-être qu’on lui a dit qu’il fallait faire comme cela. Ou peut-être encore qu’il a voulu s’amuser et que le jeu est devenu par trop sérieux. Ou peut-être qu’il a pris de mauvaises habitudes par ignorance ou par négligence. On peut inventer pas mal de raisons pertinentes pour justifier la perte de nos paradis. Mais du point de vue de l’énergie (prâna) tout est beaucoup plus simple parce qu’elle est là et bouge et vit. Un point c’est tout! Et il n’y a pas de justification. Elle fluctue entre les pôles positifs et négatifs de tout ce qui se passe. Mieux elle EST ces pôles. Car s’il n’y avait pas de pôles opposés il n’y aurait pas d’opposition pas de mouvement pas de changement et donc… pas d’énergie! En fait il n’y aurait rien. Alors mes faiblesses et mes qualités sont bel et bien les fluctuations de l’énergie. Et chaque pôle étant relié à sa contrepartie je suis tout cela. Non qualités et faiblesses ne sont pas les apparences de cela mais cela-même. Définitivement!

C’est pourquoi le yogi aujourd’hui qui se sent si faible pense : « Ah la la! Se cache en moi une incroyable force qui se ramasse pour bondir! » Triste il pense : « Ah la la! Si merveilleuse est la vraie nature des choses que j’en suis presque nostalgique! » S’il a froid il se dit : « Holà! Se cache en moi une bombe tellement incendiaire que j’en frissonne! »

Oh! Ce n’est pas de la « pensée positive » car pour cela il faudrait encore croire que quelqu’un pense. Et lui ne pense pas vraiment comme pensent les gens qui croient en eux-mêmes. Lui il ne croit rien. C’est un ignorant. Le plus grand des ignorants! Un fou peut-être? Un désespéré? D’ailleurs il a laissé tomber tout espoir. Alors il a tout offert tout donné à l’énergie elle-même. Il en est tombé amoureux. Ses pensées lui sont offertes. Et son corps et son coeur et tout son amour et sa peur ses envies… Il s’est perdu en elle. Ou elle en lui? Tout ce qui arrive ne glisse pas sur lui mais en lui et se mélange… Tout ce qui arrive est lui. Et ça semble bon d’un bon sans bien ni mal. D’un bon-bon? Oui tout ce qui arrive est comme c’est. Tout ce qui est Est la vérité. Il est la vérité qui n’a rien à dire et tout à vivre.

« Qu’ai-je donc à faire, pense-t-il alors? Chanter la gloire de « Ce-Qui-Est ». En chantant je nettoie ma gorge et l’extase s’y installe. En dansant je nettoie mon corps et brille la nue clarté. En restant-là comme un imbécile je nettoie mon esprit qui joue dans les apparences comme barbotent les canards. Et je laisse être « ce qui est » être en moi et partout. Alors il est vrai que ma tristesse cachait la nostalgie de l’état merveilleux de la vie divine que j’avais oubliée. Il est vrai que je n’avais pas froid mais que le frisson annonciateur de l’extase me terrorisait un peu. Il est vrai que les calamités qui s’abattaient sur moi n’étaient que l’énergie de l’éveil auto-manifesté qui essayait de me parler »

(…)

Mars 2005 – encouragement aux prisonniers des cages étroites et manichéennes (extrait)

Sur la route

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dans Textes

(Dans ce monde si poreux les êtres ne se rencontrent pas forcément)

Cela faisait bien dix-sept mille jours -du moins je crois- que je n’avais pas réintégré mon corps terrestre. J’étais tout simplement en voyage avec mon amie Camille dans un univers détestable. Nous avions été appelés par un certain Nandi pour nous occuper de prêtas(2) voraces, une mission humanitaire en quelque sorte. Enfin… humanitaire… je ne sais pas si le terme est approprié car les prêtas n’ont pas de corps, même s’ils sont persuadés du contraire. Bref, notre job consistait à capturer ces prêtas pour les convaincre de ne plus importuner les vivants auxquels ils tentaient de voler leurs biens jusqu’à leurs enveloppes terrestres.

Camille, quant à elle, était une personne fort sympathique. Mais je ne peux dire si elle était jolie puisque, nous aussi, n’avions pas de corps physique. En tous cas, notre technique était au point et rompue à toutes les éventualités. Cela consistait à jouer d’un instrument semblable à une flûte tout en aspergeant l’entourage d’un gaz aux forts relents de rôti de bÅ“uf. Les prêtas, souvent blottis dans d’infimes replis de l’espace, étaient attirés par ces subterfuges et finissaient par se montrer. C’est alors que nous jetions sur eux une combinaison holographique qui leur donnaient une apparence bien plus réelle que celle qu’ils pensaient détenir. Ca les comblait de joie, leurs désirs de sons, de nourriture, de corps… se trouvant exhaussés. Ensuite, nous pouvions engager un dialogue et commencer à leur expliquer la raison de ce tour de magie. Il fallait faire en sorte qu’ils abandonnent l’idée de récupérer leur ancien corps terrestre, leurs affaires, leurs amis… Si cela se produisait, les prêtas disparaissaient tout d’un coup et notre mission était accomplie.

La voix de Camille était douce, posée, ensorcelante. Quand elle leur parlait, je me plaisais à imaginer la forme qu’elle aurait eu dotée d’un corps d’humanoïde. Je la voyais ondulante, avec les orteils bien écartés entre lesquels poussaient des fleurs quinticolores, un ventre velouté d’où sortaient des bulles légères à chaque respiration, des seins pommelés aux tétons fermes et proéminents, des cils noirs et recourbés au bout desquels dansaient de minuscules jeunes-filles tout en jouant de la harpe, de longs cheveux surmontés d’une houppette en forme de fontaine, et surtout, surtout, un sexe bien ciselé aux effluves de vanille dont le clitoris brillait comme l’Étoile du Nord. Camille savait que je la voyais ainsi, car dans ce monde astral chacun perçoit les pensées des autres. Ca lui plaisait et elle savait en jouer. Une fois, un prêta difficile commençait à… Attend! Le téléphone sonne…

- Allo? Salut…

- Bonjour, qui est à l’appareil?

- C’est moi, Jack…

- Heu… je ne connais pas de Jack…

- Mais si voyons, Jack… Jack Kerouac… ton pote!

- Quoi? Mais il est mort il y a longtemps! Ca ne peut pas être toi!

- Ben écoute, tu te souviens… quand-même… On était aux pieds de ces grandes montagnes… une nuit…

- Oui?

- C’était beau! Ces quatre monts immenses qui se dressaient dans la pénombre, paisibles, dignes, hors du temps. On aurait dit des Bouddha…

- Bon. Tout d’abord je ne reconnais pas ta voix, mec, ensuite tu as très bien pu lire le bouquin de Kerouac… Tu veux quoi Monsieur? Te foutre de ma gueule?

Long silence. L’homme ne se démonte pas. Il reprend :

- Bon, quelque chose n’est pas dans le bouquin, mon bouquin… Quand nous étions dans ce cirque, au milieu des montagnes, j’ai disparu pendant deux minutes, pas vrai?

- Oui…

- Et je t’ai dit que j’avais été téléporté à l’intérieur de la montagne, côté ouest, toujours ok?

- Yeah! P’tain! Jack! C’est bien toi alors?

Il éclate de rire d’une voix formidable et rythmée. J’entends la Pacific 231 d’Arthur! Comme le téléphone est mou, je rentre dans le frigo pour le raidir un peu avec du froid. Bien installé sous la loupiote (j’ai laissé la porte entre-ouverte) je lui demande :

- Alors, où es-tu en ce moment? T’est vivant ou bien c’est un autre truc du genre?

- Eh bien figure-toi que je suis dans ma montagne préférée. Encore une fois!

- Tu veux dire dessus? Au sommet?

- Appelle ça comme tu veux. En fait, c’est comme une autre dimension. Je crois que je suis à l’intérieur mais il n’y a pas de frontières… alors…

- Ah? Et tu fais quoi?

- Rien. Nous sommes des millions ici. Des milliards peut-être! Et c’est top niveau tu vois…

- Ben vas-y raconte!

Il se racle la gorge et je me dis que ça va être long. Je ressort du frigo, le téléphone ayant repris sa forme, et me verse une lichée de gin dans laquelle je fais tremper quelques boules en papier d’Arménie. Puis j’y mets le feu. Ca sent bon.

- Ici c’est un autre monde, on peut dire. Il n’y a pas de sol, pas de ciel, pas de maison, pas de voiture, pas de…

- Oui, bon, y’a que dalle quoi!

- Pas tout à fait, parce qu’on peut faire apparaître tout ce qu’on veut. Mais on le fait pas. Pas besoin…

Il semble pensif. En attendant, mon verre a éclaté et le gin a mit le feu à la table. Voilà que le sprinkler qui se déclenche maintenant! Mais c’est celui d’à côté, dans la salle de bain. Ouf! Pendant que Jack réfléchit, je jette le reste du gin sur le bureau (sinon il ne pourra pas brûler entièrement). Une grenouille frappe à la fenêtre. C’est une grenouille pompière : elle a un casque rouge avec des trucs argentés qui pendent. Je me dis qu’on est quand-même vachement surveillé ici. Je suis heureux de retrouver mon ami. D’autant qu’il est à moitié fou. Ca y est! Il repart…

- Donc, il y a un chef ici et il s’appelle Lumière Infinie. C’est un Bouddha en fait. Alors je suis content. C’est sa terre, et on est ses invités. On peut faire tout ce qu’on veut. Et lui, il s’en fout.

- Mais il fait quoi de ses journées ton pote? Vous jouez même pas un peu de Country?

- Rien, j’te dis! Il fait rien et nous non-plus.

- Ouai… t’es en enfer quoi…

- T’es pas bien? Je te dis qu’on peut faire ce qu’on veut mais qu’on ne fait rien… parce qu’on veut rien…

Ca commence à m’agacer cette conversation. Pas toi? Le bureau finit de brûler. Moi, je finis d’être patient. Et je voudrais retourner mater les seins de Camille. Mais Jack insiste :

- Ecoute, je t’invite. Tu viens, tu regardes, t’es pas obligé de rester… Rentre dans le téléphone, ça ne sera pas long.

- Oui mais j’ai pas de costume là. Et ton pote à l’air d’être un personnage important, quand-même…

- Un personnage? (Il rit comme tout-à-l’heure.) Mais c’est personne! Ca n’a rien à voir avec là où t’es en ce moment. Je t’explique : en fait, c’est un monde merveilleux où chacun fait ce qu’il veut alors qu’il ne veut rien et Lumière Infini est juste la conscience qui est infinie parce qu’elle ne porte pas sur des choses mais qu’elle se contente d’être consciente en même temps qu’il y a bien des choses mais que nous on s’en fout complètement tellement on est bienheureux d’être conscient, alors c’est pour ça qu’elle est infinie, je veux dire qu’elle n’a pas de contours particuliers, tellement pas qu’il peut même y en avoir car ça revient au même et puis si tu veux je peux aussi te dire que……

Ca coupe. Mon forfait est épuisé. Moi aussi. Donc, je disais qu’un prêta difficile commençait à…

La cahutte

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dans Tantra, Textes

Tout jeune je désirais partir là-haut sur une montagne. N’importe laquelle. Et puis assis bien-aise dans une cahutte de mes mains construite attendre que passe le temps m’accordant au frémissement incessant qui grouillait dans mon ventre. Ecouter criquets et corneilles. Lovée tout près d’une source claire elle aurait été entourée de folles herbes avec un toit de paille une seule fenêtre pour recevoir la Lune et un petit parvis pour chauffer mes os au soleil matinal. Tout passant je l’aurais accueilli comme la visite impromptue du rouge-gorge. Quoiqu’il fût advenu je serais entré en son mouvement. Vigoureux. Abandonné. Et jusqu’au terme de mon existence j’aurais dansé là immobile et bouillonnant.

Mais une jolie fille m’a attrapé. Je me suis noyé dans ses yeux. Sperme et sang nous avons baratté -à la folie s’entend- et d’autres êtres sont arrivés. J’ai laissé ma cahutte accrochée à ses flancs évanescents et reste là inutile et désiré. De ma peau et ses oripeaux est faite ma belle cahutte! Pensées interminables sont les herbes folles. Enivré de leur parfum je laisse s’écrouler le vieux toit et du haut du Ciel pleuvent bénédictions comme autant de larmes de joie. Chaque jour mille rouge-gorges viennent ici tantôt espiègles tantôt bien avisés : tout ce qui arrive.  Par ma lucarne magique j’entends parler la Lune de tant de manières! La voix des êtres. Et sous mes pieds le parvis s’étale jusqu’aux confins du monde. Où donc irait ce qui est là?

Alors vigoureux abandonné je danse ici immobile et bouillonnant.

Vegan orgasm

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dans Tantra, Textes

Il faut quand-même que je parle un peu de sexe pour ne pas décevoir une partie de mon lectorat persuadée que le tantra serait une histoire de partouze mystique à deux, trois ou plus!

Alors voilà. Dimanche, mon vieil ami JB m’a invité chez lui parce qu’il avait des propositions à me faire. Dans sa maison, haute et lumineuse, c’est comme toujours… le bazar. Des trucs tombent de la table, des tableaux sont posés à droite sur un canapé, à gauche en équilibre sur un chevet, des gens rentrent et sortent dans les pièces distribuées de façon hasardeuse, un téléphone sonne et on répond sur un autre… bref, c’est vivant, comme j’aime!

Nous avons discuté longuement d’avenir, de projets, des possibles et des impossibles auxquels, tu le sais, nul n’est tenu. Puis vint l’heure du déjeuner : 14 heures, évidemment! Quelques merguez ça te va?

- Désolé, I’am vegan, totally!

- Bon, on va faire des légumes alors…

Ben oui, quand tu manges pas les autres, t’es forcément légumonivore! JB et son entourage ont donc fait cuire à la cocotte-minute pommes de terres, oignons, poireaux, carottes et navets. J’eus droit à une belle assiette remplie de ces trésors cuits à souhait avec ici une louchée de moutarde et là une autre de crème fraîche, le tout saupoudré de poivre de Cayenne. Magnifiques légumes offerts dans leur tendre nudité! Rouge, blanc, parme, vert et quelques grains de beauté, entourés de chaudes brumes, ils s’imposaient fébrilement et exhalaient de suaves parfums. Trempe celui-ci dans  la moutarde, enduits l’autre de crème…  j’entrepris de les exterminer tous!

Et en quelques secondes, un des plus ineffables orgasmes me fût donné, une explosion inexplicable remplie d’amour et de jubilation, une extase sans pareil et un partage charnel, si charnel que je ne savais plus qui d’eux ou de moi étaient légume ou hominidé! La chair tendre des pommes de terre glissait le long de ma gorge, laissant au passage sa mousse moutardée me piquer la luette. Les poireaux, quand à eux, effectuaient de longues glissades sur ma langue enflammée. Carottes craquantes dont la purée giclait contre les grains de poivre que je retenais dans les replis de mes joues… Le navet, toujours timide, mais déjà badigeonné de crème attendait son tour.

Aurais-je été emporté dans la plus cosmique des fêtes foraines? Est-il possible que des choses mortes se mêlent à ce point de ton intime jouissance? Eh bien oui. Il suffisait sans-doute de ne rien espérer et d’être… là!

Non, je n’en dirai plus, et pardon à ceux qui espéraient -au contraire- trouver ici quelques justifications mystiques à leurs pratiques grivoises.

Homme : animal nuisible

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dans Au fil des jours, Textes

Au-delà de l’idée de manger les animaux, les humains se comportent envers eux ni plus ni moins comme des nazis. Tant qu’ils ne prendront pas conscience qu’en bien des points, les besoins et même une certaine forme de conscience sont absolument similaires entre humains et animaux, ce terrorisme perdurera, et avec lui les souffrances interminables des animaux. Mais aussi des règnes végétaux et minéraux.

L’idée faussement biblique incitant les hommes à croire que ce monde fut mis à sa disposition pour qu’il puisse s’y amuser, croître et multiplier, est fallacieuse et ne repose sur aucune réalité. Elle permet seulement à la perversité, à l’exploitation, à la violence et au meurtre de s’étendre et de se maintenir.

Pourtant, personne n’a encore pensé à une solution finale, reconnaissant implicitement que nous avons besoin des animaux alors qu’eux se passeraient bien de nous!

Si seulement ce petit film pouvait réveiller quelques… consciences!

(Avertissement : certaines images peuvent choquer).

La princesse aux yeux verts suite…

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dans Textes

LA PRINCESSE AUX YEUX VERTS

Histoire sans fin à lire et à écrire…

Vous pouvez suivre cette histoire en cliquant sur les liens ci-dessous :

1 http://www.jyarseneblog.com/la-princesse-aux-yeux-verts/
2 http://icicestpartout.blogspot.com/2010/02/la-princesse-aux-yeux-verts.html
3 http://diarymaninluna.blogspot.com/2010/02/suite-du-conte-de-la-princesse-aux-yeux.html
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CONSIGNES A RESPECTER :

- Une fois invité(e) à écrire la suite par l’écrivain précédent, faites-le ou déclinez l’invitation auprès de lui (pour qu’un un autre puisse prendre le relais)
- Publiez sur votre blog !
- Insérez impérativement le lien suivant à la fin de votre billet : Lire la suite…
- Envoyez le lien de votre billet, et non de votre blog,  à jyarsene[at]free.fr pour qu’il puisse mettre à jour cette page répertoriant les adresses successives du fil.
- Si votre invité(e) à décliné l’offre, trouvez-en un(e) autre pour ne pas rompre ce roman à mille mains!
- S’il vous plaît, ne faites pas de fautes d’orthographe. Utilisez un correcteur si nécessaire.

DECLARATION CONJOINTE :

Les blogueurs actifs déclarent expressément s’interdire tout écrit à caractère racial, pornographique, prosélyte, politique, incitant à la violence et/ou à une quelconque forme de discrimination et de façon générale contrevenant aux lois Françaises et Internationale. Ils refusent toute exploitation commerciale de leurs écrits et/ou de ceux des participants.
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Ce conte à mille mains n’a aucune visée commerciale, reste et doit rester une aventure poétique (du moins on l’espère!) L’éditeur maintient à jour cette page dans la mesure de ses moyens et de façon bénévole. Chacun peut comprendre qu’au-delà du plaisir d’écrire, la notoriété de chaque blog en sera augmentée.

Le lien « Lire la suite… » doit renvoyer à l’adresse suivante : http://www.jyarseneblog.com/la-princesse-aux-yeux-verts-suite/  Si vous avez besoin du code html, il est téléchargeable ici

A vos claviers !
Jya

La princesse aux yeux verts

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dans Textes

Il était une fois un princesse aux yeux verts qui n’avait pour tout compagnon qu’une bulle de savon… une bulle savante. Chaque fois qu’elle s’y mirait, la princesse n’y voyait qu’images tordues, visages boursouflés, lèvres pendantes. C’est que sa bulle, comme toutes les bulles était ronde! Et de mémoire de princesse personne dans ce vieux royaume n’eut jamais le loisir de se trouver droit dans un reflet courbe.

Elle décida de prendre les devants, comme on dit. Elle dit :  « Puisque je suis belle, c’est sûr, mais que je ne puis me voir dans ce compagnon des airs, je vais me mettre en quête d’un prince aux yeux verts dans lesquels je me contemplerai. Puisse-t-il être charmant et pas débile comme tous ces gars qui rôdent par ici! »

Ainsi fut dit, ainsi fut fait. Préparant son baluchon, elle y entassa maquillage, quignon de pain, mini jarre de l’eau du lac, et par-dessus la bulle, l’inévitable bulle, et s’en alla tout de go sur les chemins…

La suite : Andie_crispy l’écrira peut-être…

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Froid

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dans Au fil des jours, Textes

Il fait froid ce matin. – 2 je crois. Devant l’atelier, en pleine zone artisanale, est un petit bois aux arbres secs. Il appartient à un nanti du coin dont la propriété façon XVIIIème s’étale au beau milieu. Deux biches, la mère et la fille (elle me l’on dit) se sont échappées du bois et longent la rue en quête de nourriture. Je leur fais signe, elles dardent leurs oreilles vives. On se dit à plus tard.

Le compresseur se remet en marche. Alors j’attaque à nouveau mes bouts de bois et tortille le fer. Tout à l’heure il fera chaud.