
Les arbres porte-bijoux à tiroir sont nés de tout un mélange d’idées et de sensations. Tout d’abord – mais ça tu t’en doutes – j’adore les arbres. Je ne suis pas menuisier pour rien!
Ma première rencontre avec un arbre eut lieu quand j’étais encore enfant. Nous jouions, toute une troupe, à des parties de cache-cache bizarres dans le petit bois de mon village breton. Cela consistait à attacher « celui-qui-s’y-colle » à un arbre puis à se cacher tout en attendant qu’il se détache et retrouve au moins l’un d’entre-nous. C’était mon tour. Il était midi moins le quart. Je fus attaché à un bouleau souple et robuste, puis carrément oublié là ! Les parents rappelaient leurs rejetons en criant à la cantonade que le déjeuner n’attendait pas.
Impossible de se détacher! Désolé au début, terrifié ensuite, puis en colère enfin, j’explorai en quelques minutes la totalité des soubresauts de l’âme humaine. Puis, sous le soleil au zénith, l’euphorie m’envahit. Alors le bouleau se mit à parler. Tout doucement au début. Sans doute pour ne pas m’effrayer. Et au bout de quelques instants il riait, racontait des blagues, chantait… Oui c’est rieur un bouleau.
Je ne vais pas te conter tout ce qu’il m’a dit, ce serait trop long. Et puis tu ne me croirais pas de toute façon. Mais j’ai compris grâce à lui que les arbres et les humains se ressemblent terriblement. Et cette découverte n’a jamais quitté mon cÅ“ur. Aujourd’hui encore, je prends exemple sur les arbres pour résoudre mes problèmes, j’observe comment ils se nourrissent pour puiser de la force, dans la terre comme dans le ciel, je me soigne comme ils se soignent. Et je réfléchis comme ils réfléchissent, eux la lumière du soleil, moi le soleil de la lumière…
Lorsque le bouleau et moi furent complètements amis, la ficelle se brisa et j’avais grandi. Depuis, mon boulot c’est le bois et malgré mon temps qui s’a-menuise, ça menuise en hommage au bouleau.

Tout ça pour te dire que le tiroir en-dessous de l’arbre est une cachette où l’on met ses plus précieux trésors tout comme le corsaire enfouit son butin au pied d’un arbre. C’est là aussi, ma chérie, que dorment tes ressources, tes qualités secrètes, tes « potentialités »… Tu y puiseras des forces pour affronter l’adversité, ou bien y trouveras des joies nouvelles et des perspectives.
Sur les branches, seuls quelques joyau-setés, ceux du jour ou du quotidien, les apparats, si indispensables pour souligner ta beauté, car tu es belle, sûrement, et unique , comme les arbres sont beaux et uniques aussi.
Ce qu’on ne voit pas sur les photos, c’est que l’arbre bouge et ses clochettes chantent au moindre mouvement. Les fleurs, toujours délicates, annoncent le printemps et ses amours, en chantant. Suis-je le seul à entendre?